Le vieil homme vint nous chercher, pour poursuivre les travaux qu'ont avait entreprit dès le petit matin. La reprise ne fut pas des plus facile, toujours à cause des conditions climatiques un peu trop hostile à mon gôut, me faisant penser aux terres des mahomets, que j'avais étudié à l'école du village. Je souris, car ce souvenir avait été gravé dans ma mémoire, grâces aux punitions de l'abbé qui n'était pas l'homme de patience que j'avais cru imaginé quand j'étais petit. Peu à peu la température baissa sensiblement, les ombres s'allongèrent. La journée tirait à sa fin et tout le monde fût content quand l'heure de rentrer à la maison arriva. Tout le monde se rafraichissait au puit, avant de s'en retourner chez soi. Les plus courageux allaient à la riviere, profiter d'un moment de détente bien mérité. Quand à moi je préférais accompagner Luciane, qui était fort jolie, chez elle. Sa beauté m'imtimidais, et je buvais chaque mots sortant de sa bouche. Je ne savais pas si elle se doutait que je ne la considérait pas seulement comme une copine, mais elle n'avait pas l'air d'y faire attention. Ces moments étaient pour moi magique et à chaque séparation sur le chemin qui menait chez elle, était ressenti comme un sentiment d'abandon. Peu après j'avais oublié cette futile déception, et j'engloutissait litéralement mon souper. Mes parents parlaient peu, d'ailleur il n'y avait rien à raconter, et la soupe froide c'était pas bon. Dès que je pouvais sortir de table j'allais voir mon poulain, faisant bien attention à ce qu'il ne lui manque rien. Je lui parlais dans l'oreille, et j'étais persuadé qu'il comprenait tout ce que je lui disait. j'allais me coucher peu après, ne tardant pas à sombrer dans un sommeil profond. Le petit matin arriva, et comme hier je devais retourner travailler. Il faisait toujours aussi chaud ce jour là, mis à part l'arrivée de nuages.. Les petits mouton blancs se transformèrent rapidement en de gros cumulus noirs, menaçants. L'air était chargé d'humidité, et d'après le vieil homme, il n'allait pas tarder à pleuvoir. Des éclairs sillonnaient le ciel et le tonnerre grondait dans toute la plaine. La température avait beaucoup diminué, et le vent s'était levé. La femme de Mr Grasquillou nous renvoya chez nous, car le travail aux champs n'était plus possible. C'est en raccompagnant Luciane sur le chemin rocailleux que la pluie nous surprit. très rapidement des trombes d'eaux s'abbattèrent sur tout le pays. Nous nous retrouvâmes tres vite trempé, et par dessus tout le froid commencait à nous engourdir les membres. Le chemin poussièreux il y a une heure était devenu un bourbier impraticable, où la progression devenait difficile. La nuit ne tarderait pas à venir, et nous étions encore loin de nos fermes respectives. Je décidais qu'il valait mieux nous abriter dans une cabane. j'en avait d'ailleur découvert une aux grés de mes ballades dans la forêt, sans doute abandonnée. Je n'avais pas eu trop de mal à la convaincre car le froid la tenaillait, et la promesse d'un bon feu était trop tentante. Malgré la situation j'étais content car je profitais de sa présence. Au bout de quelques minutes, nous étions dans les sous-bois. L'odeur de moissisure du bois imprégnait les lieux. Les branches et les brindilles cassaient sous nos pas, le tapis de feuilles cachaient les pierres, et à cause de cela nous trébuchions souvent. La pluie était moins violente maintenant car l'épais feuillage des chênes constituait un abri végétal non négligeable. Le terrain s'élevait légerement, car l'eau ruissellait dans la même direction facilement et créait des petit ruisseaux de boue. Luciane me suivait docilement, sans rien dire. Au bout d'un moment, la forêt était moins dense. La cabane fût en vue, ce qui nous rassura un peu tout les deux. j'approchais prudement de la barraque; car une rencontre avec un ours n'était pas des plus recommandées. Je découvris Dèrriere la masure encore un peu de bois sec, Une chance par ce temps. J'arrivais à l'entrée, poussa la porte qui grinca. Je jetais un coup d'oeil à l'intérieur, et je fus surpris. Tout était bien rangé, ou du moins ce qui restait. Les toiles d'araignées et la poussières seulement prouvait que cette habitation était abandonnée depuis longtemps. Luciane rentra dans l'unique pièce, et commença à amenager le foyer de la cheminée. Elle trouva des allumettes, et me demanda comment aller t'elle faire pour allumer un feu sans bois sec. J'étais déjà parti ramasser quelques buches derriere. Il faisait nuit depuis peu, la pluie battant toujours le toit et le vent s'était de nouveau levé. Le feu crépitait, diffusant sa chaleur petit à petit. Nous nous étions déshabillé, afin de faire sécher nos vêtements et d'éviter d'attraper un rhume. Luciane n'avait plus peur, mais elle s'inquiétait pour ses parents. Mon père lui ne se souciait pas trop de ne pas me voir rentrer, car j'avais l'habitude de m'évanouir dans la nature plusieurs jours d'affilés. Dès demain si le temps le permettait, on rentrerait rapidement. Et puis le risque de faire des mauvaises rencontres était minime depuis que le comté avait été débarrassé de ces brigands venus du nord. Nous étions blottis l'un contre l'autre, se réchauffant comme nous pouvions, dans la tièdeur de la pièce. Nous avions découvert deux couvertures dans un coffre, que l'on avait disposé à même le sol. Ce n'était pas d'un confort exceptionnel mais c'était déjà mieux que rien. Le sommeil vint malgré tout les évenements, rapidement. Je sombra moi aussi, dans un rêve d'une étrange légereté. La nuit ne vit pas les éléments se calmer. La pluie n'avait pas baissé d'intensité, et des torrents de boues se formaient ça et là sur les versants de la colline. La terre sèche jusqu'a hier n'arrivait plus à absorber toute cette eau tombé du ciel. La rivière à sec, s'était transformée en un torrent furieux où les flots arrachaient tous ce qui pouvait faire obstacle sur sa route. Les températures avaient terriblement chuté, si bien que certains se demandait si l'hiver n'avait pas déjà commencé. Les récoltes avaient presques toutes été rentré dans les granges, mais ce qui restait dans les champs avait sans doute déjà été détruit. Peu à peu la grisaille matinale sortit de l'obscurité la forêt, où malgré la pluie la vie reprenait. C'était une matinée de ces journées sans ombres, ou la lumière du jour est uniforme du matin au soir, une journée mélancolique. Les éclairs avaient cessé, et le tonnerre grondait encore au loin. Je fus réveillé par un crépitement d'une braise dans la cheminée. L'absence de combustible avait réduit le foyer en un tas de charbons ardents. La fraicheur matinale passait par l'embrasure de la porte. Je regardait Luciane, dormant toujours, serrée contre moi. J'entendais l'eau qui ruisselait du toit, ce qui ne disait rien de bon sur une éventuelle amélioration du temps. Je me levais pour réapprovisionner le feu mourrant, qui reprit rapidement. La faim malgré tout me tenaillait toujours l'estomac, et n'ayant rien trouvé dans la pièce, je me décida à aller jeter un oeil aux alentours si quelque chose de comestibles s'y trouvait. J'enfilais mes vêtements secs, et je sortis sans un bruit. La cabane se situait dans une petite clairière, entouré de toutes parts par la forêt. A chaque pas je glissais, car un tapis de mousse recouvrait pratiquement tout le sol. je découvrais des fraises sauvages, des myrtilles, et au bout d'un moment j'avais les poches pleines de fruits. J'étais de nouveau trempé, mais je m'en moquais un peu car cela n'avait pas était vain. Je poussais la porte rouillée, et Luciane s'était réveillée. Le repas fût vite englouti, et c'est avec phylosophie que nous décidâmes de rester encore jusqu'a l'arrêt de la pluie. Il n'y avait rien à faire à part attendre, alors nous prîmes notre mal en patience. L'alimentation de la cheminée était pratiquement notre seule occupation, car nous avions fait une fouille méticuleuse de la cabane. Le peu de mobilier présent était dans un état lamentable, mais visiblement solide. Le coffre où était rangé les couvertures servait aussi de table. D'après son apparence il paraissait très vieux, de simple facture. Il y avait aussi un tabouret, ou plutôt un tronc d'arbre grossierement taillé. Il y avait tellement de poussière que nous n'avions pas vu que le sol était fait de planches